La "semaine des sentiers", organisée par l’association "Tous à pied", a pour but de faire découvrir, valoriser, entretenir, pérenniser les sentiers de chaque ville participante. En laissant les initiatives aux particuliers.

La "semaine des sentiers" est une bonne chose et l’on peut remercier "Tous à pied" d’avoir créé cette mise en avant de nos chemins de traverse durant une semaine.

C’est bien qu’une fois par an, on s’intéresse au bipède que nous sommes, alors qu’on nous avait plutôt habitués à nous considérer comme des quadriroues, tout ayant été imaginé en ville, jusqu’à présent, pour les voitures. Les temps changent, heureusement.

C’est bien aussi qu’une fois par an, on s’intéresse à ce patrimoine naturel que sont les sentiers alors qu’on nous avait plutôt habitués à les considérer comme des voies de seconde zone, au point de les laisser dépérir ou de compter sur la bonne volonté des citoyens pour les entretenir. Voire de les empierrer à la hussarde, avec des briques, des blocs de pierre et des morceaux de verre qui les rendent impraticables aux vélos ou poussettes, comme le sentier du Seucha. C’est un exemple récent et particulièrement démonstratif à ce sujet.

Le sentier des horreurs

Auparavant, ce sentier était boueux par endroit (et parcours d’aventure à la Walibi pour les voitures), mais praticable par des vélos, poussettes, enfants et promeneurs avec chiens. J’ai bien dit "praticable", malgré des trous qui obligeaient à zigzaguer. Ce n’est plus le cas. On y trouve désormais de la caillasse qui déborde de 10 cm, des briques et même des morceaux de verre, comme en témoignent les photos.

Pendant que je prenais ces photos, un cycliste a fait demi-tour vu le danger de crevaison. Un couple qui promenait ses chiens les a pris dans le bras et a rebroussé chemin, pour ne pas les blesser. Aucune poussette ne pourra plus y circuler. Un cycliste est quand même passé, mais il avait un "mountain bike" et ses gros pneus pouvant résister à une descente sur un chemin de montagne, le sentier du Seucha ne lui faisait pas peur. Il m’a dit cependant que ce réaménagement du sentier, qui en augmente la hauteur, augmente le risque d’inondation de sa maison, en contrebas.

Et cerise sur le gâteau, pendant que nous discutions, un tracteur a commencé à diffuser un produit chimique sur le champ à côté du sentier (voir quatrième photo ci-dessus), avec une odeur d’hydrocarbure telle qu’on ne peut le suspecter de s’être lancé dans le bio. Rappelons que des humains, adultes et enfants passent par là avec des animaux domestiques et tous sont soumis à ces poisons. Ce sentier est donc désormais impraticable pour les vélos, les poussettes, les enfants, les promeneurs de chiens, et en plus pollué par les pesticides et donc dangereux pour la santé.

J’en reviens à la semaine des sentiers.

La nature y est reine. On y trouve énormément de plantes sauvages, et ils sont à ce titre un véritable coffre-fort de biodiversité qu’il faut protéger. Wavre en met déjà certains en valeur par des balades organisées et des cartes touristiques sommaires. Une initiative qui est malheureusement insuffisante pour les sauver à moyen terme, car ils se dégradent. Cette “semaine des sentiers” est donc l’occasion de lancer des projets en ce sens.

Et la Ville dans tout ça ?

Des citoyenn.e.s s’y attèlent. Mais cela ne suffira pas. L’énergie doit être maintenue, les 51 semaines suivantes, par les services communaux, sans attendre la bonne volonté des Wavriens ou la prochaine “semaine des sentiers”. La biodiversité, les abeilles, les papillons, les insectes pollinisateurs, les poules (Euh... Non, pas les poules !) en seront éternellement reconnaissant.e.s..

Par Patrick Pinchart

Patrick Pinchart a travaillé toute sa vie dans la communication. Animateur à la RTBF, rédacteur en chef de Spirou, éditeur de bande dessinée, il est aussi militant pour Amnesty International, Ecolo, Greenpeace, le WWF (entre autres).