Le Collège communal a publié un rapport sur ses réalisations à mi-mandat. Un exercice annoncé comme "de transparence" mais qui se révèle avant tout un outil d’auto-satisfaction. Pour preuve, la partie concernant l’environnement, artificiellement gonflée.

En 2019, la Ville de Wavre établissait un "PST", acronyme pour "Programme stratégique transversal", un document guidant les actions à effectuer durant son mandat électoral. Elle vient de publier un bilan à mi-mandat. Et on est loin des promesses faites à l’époque.

A titre d’exemple, nous vous proposons de découvrir la partie consacrée à l’Environnement. A sa lecture, on pouvait espérer que Wavre devienne, comme promis, "une ville tournée vers le développement durable et le respect de l’environnement".

On retrouve cet objectif dans le bilan que fait la ville, avec une page-titre qui semble annoncer le meilleur.

Mais à lire la liste des actions entreprises, on se rend compte qu’on est loin du compte. La ville du paraître continue à se montrer plus belle qu’elle l’est réellement.

Le bilan en matière d’environnement nous paraît plutôt pauvre puisque seules quelques actions listées dans le PST s’y retrouvent. Le reste tient plutôt du cosmétique (comme le fleurissement de la ville), voire de la simple promesse (comme la "forêt comestible" du clos Sainte-Anne), quand elles n’ont tout simplement aucun rapport avec l’environnement (comme la journée de sensibilisation au bien-être animal). Soyons clairs : nous ne les considérons pas comme inutiles, mais nous trouvons qu’elles n’ont pas leur place dans cette rubrique du PST, qu’elles viennent gonfler artificiellement.

Certes, la campagne proposant aux Wavriens de végétaliser leur façade va dans le bon sens, mais si elle remplit sa fonction esthétique, elle est insuffisante pour lutter contre les îlots de chaleur qui nous menacent inévitablement ou pour réinstaller une biodiversité dans un centre-ville totalement minéralisé. D’autres actions seront nécessaires, comme la végétalisation de la place Cardinal Mercier et de la place Bosch.

Certes, les initiatives menées afin d’encourager la plantation d’arbres vont dans le bon sens, mais pourquoi se limiter aux espèces comestibles ? La protection de la biodiversité passe par le retour d’espèces anciennes disparues et de haies sauvages qui, si elles n’ont pas forcément un intérêt gustatif ou esthétique, favoriseront le sauvetage des insectes et le retour d’une faune menacée de disparition.

Certes, le sort des insectes pollinisateurs est pris en compte par certaines actions et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais les efforts de la Ville risquent d’être anéantis par l’utilisation de poisons nicotinoïdes tueurs d’insectes pour la culture des betteraves, qui couvrent une bonne partie des zones agricoles de la commune.

Absentes de ce bilan sont les actions relatives à la politique locale en matière d’énergie et de climat, problèmes devenus majeurs. Ou encore la gestion des déchets alimentaires.

La création d’une cellule "Eco-Team" au sein de l’administration est une bonne nouvelle. Mais quel est son réel pouvoir dans le cadre de la politique environnementale de la Ville ?

En conclusion, on n’a pas l’impression d’un travail de fond sur l’environnement, on ne trouve aucune ligne directrice autour desquelles s’articulent les actions, mais plutôt de points disparates sans liant entre eux. Nous sommes assez loin de l’ambition de faire de Wavre "un territoire modèle en matière de développement durable et de respect de l’environnement".

Documents extraits du bilan de mi-mandat de la Ville de Wavre.

Cliquer sur chacune des deux icones pour lire le document


Par Patrick Pinchart

Patrick Pinchart a travaillé toute sa vie dans la communication. Animateur à la RTBF, rédacteur en chef de Spirou, éditeur de bande dessinée, il est aussi militant pour Amnesty International, Ecolo, Greenpeace, le WWF (entre autres).