Pour soutenir le lancement de sa nouvelle console 3D, la portable 3DS, Nintendo s’offre un allié de poids. Elle relooke l’un des plus grands jeux de tous les temps, un fantastique jeu d’aventures créé par le "Pape" des jeux vidéo, Shigeru Miyamoto, père de Mario, Donkey Kong et... Zelda.

"Zelda : Ocarina of Time" n’est pas une nouveauté. C’est même un classique. Entendez : un jeu-culte. Classé par les amateurs comme l’un des 10 meilleurs jeux de tous les temps, carrément.

Zelda, c’est l’une des séries "historiques" de Nintendo. Elle en a accompagné toutes les consoles, depuis la préhistorique mais mythique Game Boy. Déjà, malgré la faible définition de l’écran et les gros pixels en 2 bits (noir OU blanc), le premier jeu avait scotché sur leur console, durant des semaines, des millions de joueurs qui tentaient de trouver la solution des énigmes perverses inventées par Miyamoto, et de survivre aux dangers de donjons particulièrement tordus. Le génial créateur avait ouvert au grand public le concept des jeux de rôle et d’exploration des "Donjons et Dragons" par un scénario créatif, riche et captivant.

Depuis, la saga a connu plusieurs titres, toujours trop rares mais tout aussi attendu. "Ocarina of Time" date de la Gamecube, en 1998. Il fut le premier jeu de la série en 3D (de l’époque : encore assez sommaire par rapport au rendu impeccable de cette nouvelle version en relief), offrant une liberté totale de déplacement du héros dans des environnements gigantesques. Allait-il résister au temps ? La réponse est incontestablement "oui !" Car les bons jeux résistent toujours à l’évolution technologique (qui ne connaît pas le dinosaure Tetris ?). Surtout quand les développeurs utilisent celle-ci pour augmenter le potentiel vidéoludique alors que d’autres se contentent d’une adaptation à l’identique.

Un enchantement

Link, héros de la série (Zelda est celui de la princesse qu’il devait sauver dans le premier épisode), est un enfant du village de Kokiri, à Hyrule. Contrairement aux autres enfants, il n’a pas de fée - ces petits personnages chargés de les aider lors des moments difficiles. Il fait d’horrible cauchemars, qui annoncent l’invasion de forces maléfiques. Jusqu’au jour où une fée, Navi, se présente à lui. Elle est envoyée par l’Arbre Mojo, l’esprit des bois, guide spirituel du royaume. Celui-ci le convoque car ils sait que les cauchemars de Link annoncent une catastrophe imminente et qu’il est seul à pouvoir repousser l’ennemi. Commence alors pour le jeune garçon une quête longue, dangereuse et difficile. Qui commence par l’exploration de l’Arbre Mojo, infesté de terrifiantes araignées géantes...

A vous de deviner comment l’aider. Contrairement à de nombreux jeux, vous serez peu aidé et il vous faudra, dans chaque lieu, comprendre ce qu’on attend de vous et faire travailler cerveau gauche et cerveau droit pour trouver la solution aux énigmes corsées imaginées par les développeurs. Au mieux pourrez-vous bénéficier d’indications régulières de Navi, mais qui ne vous orienteront pas vers la solution. Certaines pierres magiques vous donneront cependant un petit coup de pouce par leurs visions prémonitoires.

Côté maniabilité, la signature Myiamoto est bien là : la prise en mains est immédiate. Par rapport au jeu d’origine, on a ajouté la possibilité d’assigner des fonctions spéciales à des boutons, ce qui est un vrai "plus" dans les combats. Le capteur gyroscopique est également utilisé pour observer les alentours ou viser les ennemis. L’écran tactile permet d’obtenir rapidement la carte, de changer d’objet, etc.

La 3D fonctionne bien. A condition de bien se positionner devant l’écran, le héros, les personnages qu’il rencontre et les monstres qu’il doit affronter évoluent naturellement dans un relief parfaitement reconstitué. On est loin de la pseudo 3D des années 90. Le lifting graphique a également touché les textures et les couleurs, lumineuses. Du tout beau travail !

Résultat de tout cela : un enchantement, dont les images de Link galopant sur sa jument Epona, ou les mélodies à l’ocarina, restent longtemps gravées en mémoire, parmi tant d’autres émotions liées à ce très grand jeu.

Si vous parvenez à terminer l’aventure, vous pourrez la revivre dans la "Master Quest", plus difficile. Une très bonne idée pour les joueurs expérimentés, toujours frustrés de terminer très vite les jeux, même les plus ardus. Et les masochistes pourront se faire du mal grâce au mode "Boss", qui permet d’affronter à nouveau tous les gardiens qu’ils ont déjà vaincus...

Nintendo a donc bien fait les choses et Zelda donnera un sérieux coup de main à la 3DS pour la faire décoller. Il ne lui manque plus qu’à porter le coup de grâce pour séduire les joueurs : un nouveau titre de Mario. C’est pour quand ?