Les grimpeurs ont leur personnalité, aussi. Et c’est fou ce que la via ferrata peut révéler vite le caractère de quelqu’un.

Il y a :

- le randonneur ("Bon, on vient de terminer notre via ferrata de 600 mètres avec deux heures d’approche et deux heures de retour sur 800 mètres de dénivelé. Je me ferais bien une petite randonnée de quelques kilomètres pour commencer vraiment la journée, moi...") ;

- le sportif qui trace ("Allez, allez, on avance, c’est quoi ces lambins qui passent leur temps à regarder les paysages, allez, allez, plus vite, moi je n’attends pas les traînards") ;

- le rêveur ("Oh, vous avez vu la petite fleur, là, entre les rochers ? Comme elle est courageuse !", "La montagne, là en face, elle est magnifique, on ne s’arrêterait pas dix minutes pour la regarder ?") ;

- l’angoissé ("Vous êtes sûrs qu’on est dans la bonne direction ?", "Euh, ce nuage, là, il ne vous inquiète pas ?") ;

- le douillet ("Il faut vraiment descendre ce pierrier de 600 mètres de dénivelé ? C’est que j’ai peur pour mes genoux, moi... Attendez, je mets mon bandage... Et quelqu’un n’aurait pas du sparadrap ? Je pense que je commence une cloche au pied gauche...").

Chaque voie a aussi sa personnalité. Certaines sont plus physiques, d’autres plus verticales, d’autres encore quasiment vertigineuses, d’autres enfin plus proches de la randonnée que de l’escalade. Elles sont cotées en niveaux de difficulté, mais pour quelqu’un qui a déjà fait un peu d’escalade, aucune ne présente de difficulté majeure. A aucun moment on n’est tenté d’appeler les secours ou de se dire qu’on aurait mieux fait de se passionner pour autre chose que ce sport de fous. Car c’est tout sauf un sport de fous. La sécurité, pourvu qu’on soit bien équipé et qu’on respecte les règles de base, est excellente.