C’est un nouveau bijou de technologie que nous offre Nintendo, trente années après avoir révolutionné le monde avec une console de jeu qui allait conquérir tous les foyers, la NES, prélude d’une autre révolution, le jeu portable avec la célèbrissime Game Boy. La Switch mêle les deux. Une console de salon... nomade.

Super Mario Odyssey

Grand-père des jeux vidéo (il est né en 1981), Mario est la mascotte de Nintendo, dont il a fait la goire. A l’âge de 65 ans, son créateur Shigeru Myiamoto a supervisé la réalisation de cette nouvelle aventure de son plombier fétiche.
Il est, à chaque fois, attendu comme un événement mondial, ce qui a valu à l’auteur quelques angoisses puisque l’équipe de développement a, parmi les divers sites que va explorer Mario, imaginé de l’envoyer (entre autres lieux plus magiques) dans notre monde moderne, une grande cité américaine, New Donk City, avec ses gratte-ciel, ses taxis, etc. Une grande première pour un héros qui, jusqu’à présent, n’avait visité que des mondes fantasmagoriques.

On y retrouve en 3D tous les éléments classiques qui ont fait le succès de la série, des univers immenses où Mario circule désormais librement, une quête extrêmement longue, des foules de surprises cachées partout, des ennemis nombreux qu’il faut éliminer et des obstacles à ratatiner qui, une fois écrasés, abandonnent des bonus et des pièces jaunes ou violettes. Elles vous feront gagner des vie ou, en tant que monnaie sonnante et trébuchante vous donneront les moyens d’acheter de quoi égayer l’aventure.

Comme à chaque nouvel opus, on recherche avec délectation les innovations. Mario avait déjà vécu des aventures en bonne compagnie avec son frère Luigi ou le dinosaure Yoshi. Cette fois, son compagnon de route sera... un chapeau fantôme, Cappy, qui peut être lancé sur tout ce qui bouge (pour les éliminer) ou ce qui ne bouge pas (pour découvrir des bonus), et sur lequel Mario pourra rebondir pour sauter toujours plus haut ou à l’intérieur duquel il pourra se projeter pour accomplir encore et toujours d’autres actions. En lui apportant toute une série de transformations inédites, il lui ouvre en même temps une foule de nouvelles actions et tout autant de plaisir de jeu renouvelé.

Enfilant une variété de tenues thématiques, capable de se métamorphoser en certains de ses ennemis pour utiliser leurs facultés, explorant en toute liberté des espaces immenses où le moindre recoin est à investiguer pour y trouver de quoi évoluer plus avant (et chaque monde recèle des dizaines de trouvailles, dont des lunes à collecter, pas toujours évidentes à trouver), Mario offre aux joueurs de la première heure et à leurs enfants, devenus joueurs à leur tour, une formidable aventure, d’une richesse inouïe, que l’on peut vivre à son rythme grâce à cette fabuleuse ergonomie qui permet de rentrer immédiatement dans la peau du célèbre plombier sans se poser trop de questions sur "comment faire ?".

Guidé intelligemment, le joueur peut se concentrer sur la mission de chaque monde ou tout passer en revue consciencieusement pour tenter d’en détecter toutes les surprises ou de terminer en approchant les 100% de réussite (une mission impossible puisque cela voudra dire que vous en aurez détecté tous les secrets et toutes les ressources), avant la confrontation finale avec l’ennemi de toujours, le monstrueux Bowser, dont chaque défaite permettra d’avancer plus loin encore. Et pour les petits génies qui parviendront à aboutir à la séquence finale, une nouvelle quête leur sera offerte afin, à la fois d’avoir une seconde chance de trouver tout ce qu’on a raté la première fois, mais aussi de poursuivre le jeu avec d’autres surprises. Inutile de dire que pas mal de temps sera nécessaire pour épuiser toutes ses ressources !

"Super Mario Odyssey" est une sorte de concentré survitaminé de toutes les bonnes idées des épisodes précédents. C’est brillant, esthétiquement magnifique, musicalement enthousiasmant, ludiquement incroyable, truffé de mini-jeux, original, astucieux, varié, drôle, intelligent, immense et truffé de trouvailles... bref, tout ce qui fera de ce jeu un nouveau classique de l’histoire des jeux vidéo.