Les possesseurs d’un iPhone ou d’un iPad (récents) ont désormais la chance de pouvoir jouer avec le personnage le plus célèbre de l’histoire du jeu vidéo, Super Mario. Son créateur Miyamoto a imaginé pour lui un jeu tout simple mais addictif : Super Mario Run. Premier essai brillamment réussi au niveau de graphismes et de l’ergonomie, un peu moins au niveau du concept marketing.

Le jeu sur mobile gagne du terrain par rapport aux consoles de salon, malgré leurs avancées technologiques. Il faut dire qu’un smartphone ou une tablette sont accessibles facilement, une console moins. Et leurs performances techniques leur permettent d’offrir des jeux, certes moins ambitieux, mais offrant ce qu’attendent les joueurs : un bon concept, accrocheur, et des graphismes haut de gamme.

Les géants du jeu sur console ne peuvent bien entendu pas rester indifférents face à ce grignotage de leurs parts de marché. L’histoire des jeux vidéo a montré qu’une suprématie dans le domaine n’est pas éternelle. L’exemple de Sega et de ses formidables consoles qui ont été anéanties dans sa guerre contre Nintendo et Sony, en est un bel exemple. Nintendo a donc fait appel à celui qui a fait sa gloire, Shigeru Miyamoto, pour sa première tentative sur support mobile. Et le grand maître a bien fait les choses. Par contre, le marketing gâche la fête.

Commençons par le côté négatif, les choix marketing. Vous jouez gratuitement les premiers niveaux, mais bien vite, vous devez acquérir la version complète, un choix tout à fait honorable : Nintendo offre aux joueurs la possibilité de tester le jeu et, s’ils aiment, ils paient. Et, là, surprise désagréable pour eux, le prix est élevé par rapport aux tarifs "standards" : 10 €.

Second point noir, la mobilité est très réduite. On ne peut y jouer que connecté au réseau. Vous devez être connecté en permanence et le jeu se recharge à chaque redémarrage. D’où un temps d’attente excessif lorsqu’on décide de jouer, mais surtout l’impossibilité de jouer dans des endroits où la connexion n’est pas bonne, voire inexistante comme dans les transports en commun, les lieux moins bien desservis par les antennes GSM... ou que, pour raisons d’économie de votre forfait de données, vous ne vous souhaitez par être connecté, par exemple à l’étranger.

Troisième point noir, ce choix impose une consommation d’énergie importante, qui a des conséquences sur l’autonomie de la batterie. Vous aurez le choix entre jouer à Super Mario Run et trouver une prise électrique pour recharger votre portable... ou acheter une batterie de réserve !

Cela dit, le jeu correspond à ce qu’on attend de la "griffe Miyamoto", des graphismes magnifiques, une animation fluide et impeccable, des effets spéciaux ludiques... et les bons vieux ingrédients qui ont fait la gloire de Mario : les pièces à récolter, les blocs de pierre qui cachent des surprises, les champignons qui vous permettent de modifier votre apparence et votre puissance, les ennemis sur lesquels il faut sauter, etc. Du classique, donc, en digne continuation des jeux sur console. Y compris dans la bande-son.

Au niveau gameplay, c’est simple et efficace, comme toujours. Mario court en mode automatique dans un scrolling horizontal et doit aboutir à un drapeau final en 90 secondes chrono. Il saute tout seul au-dessus des obstacles. Le joueur doit appuyer sur l’écran pour le faire sauter lorsqu’il passe sous des pièces ou qu’il approche d’un ennemi. Si l’on maintient le doigt plus longtemps, il saute plus haut. Le personnage effectue aussi certaines figures de style, par exemple en cognant une paroi. La prise en main est immédiate. Et, bien évidemment, alors que tout a l’air simple, les choses se compliquent une fois que l’on est dans le jeu et que l’on doit cliquer au juste moment qui permet d’attraper la pièce, et non une microseconde trop tard... car elle est alors définitivement perdue. Il est nécessaire d’être extrêmement précis. Il faut aussi, à certains moments, choisir l’une ou l’autre voie. On prend la mauvaise ? La pièce est à nouveau définitivement perdue.

Pas tout à fait car, à la fin de chaque niveau, un bilan est affiché. On peut passer au niveau suivant ou le refaire afin d’améliorer son score. Ce que l’on fait tous, bien évidemment, augmentant la durée du jeu... ou permettant d’acquérir certains bonus, qui offrent la possibilité de reconstruire le village Toad détruit au départ par le méchant Bowser. Parfois, un cadeau est envoyé par Nintendo, ajoutant quelques possibilités complémentaires. De plus, une fois toutes les pièces d’une couleur récoltées, elles sont remplacées par d’autres, plus compliquées à attraper. Puis, ensuite, par de nouvelles. A chaque fois, on peut donc recommencer les niveaux qui cumulent donc, au total, 24 * 3, soit 72 déclinaisons ! L’éditeur annonce m^me qu’il est possible de débloquer certains personnages et de recommencer le jeu sous la forme de Toad (plus rapide) ou Luigi (plus haut), d’autres encore.

Un autre mode permet d’affronter le mobile ou d’autres joueurs "a posteriori" (on refait le même niveau, mais face au replay de la partie réalisée par l’adversaire) dans des défis qui consistent à récupérer le plus possible d’éléments dans un niveau commun. Le vainqueur, qui amène à lui des Toads, est bien entendu celui qui en a amassé le plus ou qui a effectué le plus de figures de style. Mais si vous perdez, vous êtes pénalisé par le départ de quelques-uns de vos "Toads". Pas mal d’heures de jeu complémentaires en perspective. Il faudra donc pas mal de temps pour épuiser les possibilités de vingt-quatre niveaux répartis en six mondes reprenant tous les thèmes classiques (plaine, château, souterrain, maison hantée, désert, etc.) et des défis.

Bref, si le jeu bénéficie de quatre décennies d’expérience de Shigeru Miyamoto et est donc digne de toute la carrière de Super Mario, il reste à l’améliorer en permettant le jeu hors connection... et à le porter sur Android afin que les fans moins fortunés puissent également y jouer. Tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un iPhone ou un iPad...

Trois niveaux sont offerts. Une inscription au Nintendo Network permet d’y jouer sur tous ses appareils sans devoir sauver ses scores... et cela concernera plus tard également ses appareils Android. Un jeu multi-plates-formes, quelle excellente idée !