Hugues de Wurstemberger s’est fait connaître au début des années 80 par un reportage insolite sur la Garde suisse pontificale dont il faisait partie et qu’il a photographiée de l’intérieur, avec acuité, humour et tendresse. Cette série est le début d’une œuvre marquée par l’intimité, la curiosité, l’humanité, la poésie et la grâce.

Le cœur de l’exposition est un ensemble qui constituerait à lui seul une rétrospective : « Pauline et Pierre », d’abord un livre, ensuite une exposition, des photographies de ses enfants prises pendant dix-huit ans, des vibrations de vie, de l’émotion. En un noir et blanc sensuel, Hugues de Wurstemberger transfigure la banalité du quotidien pour le rendre universel. Avec « Pauline et Pierre », il nous offre « les « petits cailloux blancs » de leur jeunesse. Ces images sont les dix doigts de mes mains, de la fille et du garçon. Elles sont fragiles, têtues, une patine intime forgée au hasard de la lumière et du temps, au travers de lieux où nous avons vécu et sommes passés sans laisser d’autres traces que nos ombres au sol ». Un fragment, un détail de paysage, une expression, un geste nous renvoient à l’imaginaire de notre propre enfance, au temps qui s’écoule.
La fuite du temps est en effet essentielle dans son travail photographique. Il s’attache aux paysans suisses en voie de disparition, recréant photographiquement l’harmonie entre l’homme et la terre.
« Ce qui m’intéresse avant tout, c’est le vrai. Une photo n’est de toute façon qu’une mise à plat de la réalité, alors autant faire dans la simplicité. Et si elle est plus que cela, c’est parce qu’il y a un truc, et qui ne marche pas toujours, une espèce de grâce »
(Hugues de Wurstemberger).
Comme l’écrit justement Michel Guerrin, « un rapport direct, instinctif et brutal à la communauté des paysans, génère ces images énigmatiques... des images qui atteignent une sorte d’au-delà de l’évidence ».

Les horizons d’Hugues de Wurstemberger sont vastes et ouverts. Parallèlement à « Pauline et Pierre », l’exposition Album présente une projection de ses nombreuses explorations, ainsi que trois séries représentatives de son travail en Afrique, autour de populations en perte de territoire, en voie de disparition comme les paysans suisses. Hugues de Wurstemberger est allé au Sahara occidental, en Zambie, en Ethiopie, prolongeant son témoignage et ses interrogations sur les rapports entre l’humain et le territoire, entre la vie et l’environnement.

« J’ai pris l’habitude de traiter les sujets plutôt invendables dans la presse, de miser sur un travail de fond plutôt que sur des a priori ».

Né à Berne en 1955, Hugues de Wurstemberger s’engage vingt ans plus tard comme Garde suisse au Vatican. Le reportage qu’il y réalise est exposé en 1985 au Musée de l’Elysée à Lausanne. En 1986, il participe à la création de l’Agence Vu dont il est toujours membre. Il travaille pour Libération, Le Monde et d’autres journaux et magazines. Il reçoit en 1990 le prestigieux Prix Niépce et expose au Centre National de la Photographie à Paris. Hugues de Wurstemberger vit à Bruxelles et y enseigne la photographie à l’école le « 75 ».

Hugues de Wurstemberger,
Pauline et Pierre, Bruxelles, Quo Vadis, 2005.

Jusqu’au 14 septembre 2008

Musée de la Photographie
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