De Kaboul à la Guinée, de Moscou à l’Erythrée en passant par l’Angola, la Bolivie ou le Brésil, Gaël Turine poursuit depuis plus de dix ans un travail de reportage, commandes pour divers magazines ou des organisations humanitaires. Le fil reliant ces divers reportages est sans aucun doute la fragilité de l’être humain - qu’il soit du tiers ou du quart monde - et l’organisation de certains d’entre eux en groupes ou coopératives, les liens du clan ou la solidarité des déshérités.

Son travail s’organise hors de l’événement : s’il court le monde, ce n’est pas derrière le scoop ou la photographie qui le rendra célèbre, l’icône qui s’imposera à l’ensemble de sa production. C’est un travail de fond, une démarche humaniste qui lui impose une impression dans le pays ou la Communauté qu’il choisit de photographier et dont il devient bien souvent plus que le témoin, le porte-parole. Il ne s’agit pas de faire une « belle image » mais une photographie efficace, bien construite et composée, lisible autant que déductible.

Il s’inscrit dans la durée d’un reportage qu’il veut fouillé, l’immersion étant la condition d’une démarche sincère, Gaël Turine ne se défendant pas d’une certaine subjectivité. Comment en effet ne pas être aux côtés de ceux qui souffrent, cachés dans les égouts et le métro de Moscou, brimés par la police, de cette jeunesse de Kaboul qui veut à présent s’émanciper, entre tradition et modernité entre la religion et l’ouverture au modèle occidental. Comment ne pas le rejoindre lorsqu’il montre le sort des femmes éthiopiennes ou de ces communautés d’aveugles contaminés par une mouche noire, abandonnés en Afrique ?

Les quatre-vingts photographies présentées dans cette exposition forment un parcours à travers cinq reportages, Avoir 20 ans à Kaboul, Aveuglément, L’Erythrée, Moscou ou le Brésil dont certains ont fait l’objet de publications accompagnées d’images inédites ou rarement montrées. Elles témoignent de l’engagement, de la pertinence et de l’originalité d’un des photographes belges les plus brillants de sa génération.

Né à Nieuwport en 1972, Gaël Turine a découvert la photographie pendant un séjour à Madagascar en 1994. Il a étudié la photographie au "75", Bruxelles. Depuis 1995, il réalise des reportages pour Médecins du Monde en Afghanistan, Médecins Sans Frontières en Angola et à Moscou, SOS Faim en Erythrée et en Bolivie.
En 2000, il reçoit le Prix du Ministre de la Culture au 13e Prix national Photographie Ouverte.

Le Musée de la Photographie à Charleroi / Centre d’art contemporain de la Communauté française de Belgique est ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h, fermé les lundis, les 25.12 et 01.01.

Av. Paul Pastur 11, B - 6032 Charleroi. Tél. 32 71 43.58.10 - fax 32 71 36.46.45

e-mail : mpc.info@museephoto.be - www.museephoto.be

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