En amont d’un siècle qui s’ouvre à la photographie, l’œuvre d’Eugène Atget n’a cessé de susciter depuis la disparition du photographe lectures, interrogations et interprétations.
Aboutissement d’une discipline jusque-là soumise au sujet et le début d’une photographie créative, l’œuvre d’Atget apparaît comme le prolongement de celles des Marville ou Le Secq et comme l’initiatrice de celles de Bill Brandt, Walker Evans, comme de la Nouvelle Objectivité ou des Becher.

Les surréalistes, Man Ray en tête, qui le découvrirent quelques années avant sa mort, le considéraient comme un précurseur de leur mouvement. Ils trouvaient dans ses images d’un Paris en voie de disparition une porte ouverte à l’imagination, à la réinterprétation, qui permettait de passer du quotidien banal à un monde rêvé.

Eugène Atget était pourtant bien loin d’une telle lecture de son œuvre lorsqu’il s’est lancé dans la photographie durant les années 1890. Né à Libourne en 1857, il monte à Paris en 1878, rêvant de jouer la comédie et de se faire un nom dans la peinture. Ses espoirs déçus,
il se tourne vers la photographie qu’il pratique tout d’abord dans l’optique bien particulière de fournir une documentation iconographique aux artistes.

Plus tard, il adopte une démarche plus méthodique, photographiant les quartiers souvent menacés de disparition du Vieux Paris, ainsi que les petits métiers qui l’animent. Vues générales de rues, bâtiments à l’architecture remarquable, ruelles, places, jardins, mais aussi boutiques et scènes de rue, des images d’une ville qu’il sait en pleine transformation et qui sacrifiera bientôt à la modernité nombre de ces petits coins typiques. Réalisées sur commande ou, plus souvent, de sa propre initiative, ses séries témoignent des préoccupations à la fois esthétique, historique et documentaire de leur auteur.

Choisissant l’approche frontale et l’équilibre de la composition en ne rejetant toutefois pas l’inspiration picturale, Atget convie à un langage nouveau en magnifiant le détail - grille, fontaine ou escalier - travaillant dans l’étrange clarté qui baigne ses rues désertes, ses cours silencieuses et ses parcs abandonnés.

Lorsqu’Atget meurt à Paris en 1927, son travail de trente années de photographie - près de 10 000 plaques - est largement méconnu. Longtemps les images de celui qui refusait qu’on l’élève au rang d’artiste qui avaient intégré de nombreuses collections publiques françaises y étaient rangées selon le lieu qu’elles représentaient sans que prédomine à leur classement le nom de leur auteur.

Les 70 photographies originales d’Eugène Atget, pour la plupart inédites, qui composent cette exposition proviennent d’une collection privée parisienne constituée du vivant de l’auteur, leur initiateur ayant été au début du siècle un client régulier d’Atget. Datées d’entre 1897 et 1904, elles n’ont jamais fait jusqu’ici l’objet d’une présentation publique.

Le Musée de la Photographie à Charleroi / Centre d’art contemporain de la Communauté française de Belgique est ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h, fermé les lundis, les 25.12 et 01.01.

Av. Paul Pastur 11, B - 6032 Charleroi. Tél. 32 71 43.58.10 - fax 32 71 36.46.45

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