Dans une Vienne de théâtre, on peut tout voir, l’envers comme l’endroit du pouvoir. On peut être duc et moine à la fois, devenir celui que l’on n’est pas, faire l’amour avec celle que l’on avait répudiée et ne pas s’en apercevoir, perdre la tête (comprenez : être décapité) pour le plaisir. On en passe, des meilleurs comme des pires.

Tout commence quand le duc Vincentio décide de partir en voyage et de confier la régence au plus digne de ses proches : le seigneur Angelo. Plutôt que de s’éloigner comme il le prétend, il reste dans les parages. Sous les traits et les atours d’un moine, il observe et manipule. Entre autres, le régent qui tombe le masque (alors qu’il faisait celui qui n’en portait pas) et se révèle tel qu’en lui-même : abominable tyran et d’une droiture morale plutôt de biais.

N’hésitant pas à condamner à mort un gentilhomme (Claudio) qui a fait de sa fiancée une femme avant même de l’épouser et proposer à la sœur de celui-ci (une novice) la grâce de son frère contre sa virginité.

Depuis qu’il en a vu une représentation au Théâtre du Parvis dans les années septante de l’autre siècle, Philippe Sireuil a toujours rêvé de mettre en scène Mesure pour Mesure, la plus tourmentée des comédies de William Shakespeare. Mais cette idée, il la gardait dans un coin de sa tête, ne mettant jamais son envie à exécution, comme une visite toujours reportée à un ami adoré.

Ce qu’il aime depuis toujours dans cette œuvre de tous les excès et de toutes les fantaisies, c’est qu’elle met sur scène la face cachée du monde, du désir, du pouvoir, du désir de pouvoir et du pouvoir du désir. Qu’elle est d’une moralité douteuse (entendez : qui doute de la moralité des autres).

Pour ce spectacle, il a choisi la nouvelle traduction de Jean-Michel Déprats qui fait apparaître toute la finesse, la truculence des jeux de langage et des mots d’esprit, et fera fi d’une mise en scène historiciste parce que les interrogations sur le vice et la vertu, la justice et le crime, les juges et les voleurs, la pureté et la luxure, le mensonge et l’hypocrisie... sont au cœur de notre époque comme ils l’étaient aux temps anciens de Shakespeare.

Au Théâtre National du 2 au 25 février 2006 - Grande Salle
Spectacle à 20h15 - mercredi à 19h30 - dimanche 12 février à 15h
Bd Emile Jacqmain, 111-115
1000 Bruxelles

Infos et réservations : +32/2/203.53.03 - www.theatrenational.be

En tournée :
- Manège.mons/Centre Dramatique : Du 28 février au 5 mars
- Maison de la Culture de Tournai : du 8 au 10 mars
- Waux-Hall de Nivelles : les 15 et 16 mars
- Le Phénix - Scène Nationale de Valenciennes : le 21 mars
- Palais des Beaux-Arts de Charleroi : les 24 et 25 mars
- Maison de la Culture d’Arlon : les 30 et 31 mars
- Centre Dramatique Régional de Tours : du 4 au 8 avril

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