Beaucoup d’enfants et d’adolescents utilisent le site MSN pour communiquer. Mais certains services ou publicités qu’on peut y trouver ne respectent pas le minimum d’éthique par rapport à la protection des enfants.

C’est un lecteur qui attire notre attention sur ce point : "Quelle ne fut pas ma surprise en tombant sur un lien de MSN, accessible à tout le monde, proposant une sonnerie gratuite. C’est en voulant en faire profiter sa sœur qu’une de mes filles a vidé sa carte sans le savoir : elle a tout simplement mis le numéro de son GSM plutôt que le sien, sans lire les conditions en minuscules caractères en bas de la page."

MSN est truffé d’offres : plusieurs opérateurs l’utilisent pour appâter les nombreux enfants et ados qui l’utilisent. Parmi les services les plus populaires dans ce public, les nombreux gadgets que sont sonneries et fonds d’écran pour GSM. 

MSN, dans sa liste de services, en offr en partenariat avec le site Mobi.Data. De plus, des pavés publicitaires imposants pour d’autres firmes, ciblent spécifiquement les enfants, avec une accroche qui les tutoie et les allèche par une offre présentée comme gratuite. Pour illustrer ces publicités, des personnages populaires chez les plus jeunes, comme les Simpson... ou même les Bisounours, ce qui indique que l’on tente de capter l’attention des tout petits !...


Un cadeau empoisonné

Si l’offre présentée est celle d’un cadeau - une sonnerie gratuite -, la réalité est tout autre. C’est en fait à un abonnement payant que l’enfant va souscrire sans s’en rendre compte. Tout est fait pour qu’il tombe dans le piège. Il lui suffit d’indiquer un numéro de téléphone (il peut aussi mettre celui de quelqu’un d’autre, ce qui explique la mésaventure de notre lecteur), la marque de l’opérateur, et c’est tout. Un SMS au contenu le plus souvent vague est envoyé au numéro indiqué. S’il répond, l’enfant se trouve abonné à un système qui peut rapidement lui épuiser le contenu de sa carte. Par exemple, Blinko ponctionne le compte de 12 Euros par semaine, ce qui peut donc amener à un coût annuel de... 624 € s’il n’y est pas mis fin à temps !


Des conditions générales incompréhensibles pour les jeunes

Un résumé des mentions générales, en petits caractères discrets, en bas d’écran, indique qu’il est nécessaire d’avoir 18 ans. Mais, dans certains cas, il n’y a pas de confirmation demandée (par exemple, Mobi.Dada le service de MSN, ou le site Spiderman de Mobifun) ou, si un accord est demandé, la case à cocher est parfois précochée. C’est donc un accord tacite qui est imposé à l’enfant s’il ne le remarque pas. De toutes manières, ces conditions générales, qui lui sont destinées puisqu’elles adoptent le tutoiement, sont écrites dans un jargon inaccessible aux enfants. On y trouve même des clauses hallucinantes - ainsi, chez Mobi.Dada - le service de MSN - pour renoncer au contrat, il faut envoyer, dans les dix jours, un recommandé... en Italie. Quand elles ne sont pas contradictoires avec l’offre faite à l’enfant. Chez le même opérateur, on lui annonce ainsi qu’il peut télécharger chaque mois jusqu’à 1000 sonneries gratuites pour 3 € par semaine, mais sur la page des coûts, on précise "jusqu’à épuisement de son crédit" - sans plus d’indications sur ces crédits !


Tous complices !

Notons que tout cela se fait avec, bien sûr, la complicité de MSN (qui offre ce service et accepte les publicités des concurrents), mais aussi celle des opérateurs qui, tous, touchent une partie de l’importante manne ainsi récoltée. Mobistar et Proximus tentent de se dédouaner par un code de conduite, mais sans mettre en place aucun outil de contrôle. Les nombreux manquements graves par rapport à ces règles, dans tous les services que nous avons testés ici, ont peu de chances d’entraîner une réaction de leur part. On nage en pleine hypocrisie.

Le moins que l’on puisse dire est qu’on est loin, dans le domaine du GSM, de respecter une quelconque éthique en matière de vente aux jeunes. S’il y a peu d’espoirs, vu les intérêts financiers énormes en jeu, que les opérateurs téléphoniques fassent eux-mêmes la police, il y a lieu de mettre en garde les principaux intéressés en décortiquant avec eux les dessous de ces offres alléchantes. C’est que le danger est important, car elles ne sont pas spécifiques de MSN. On en trouve également sur d’autres sites et dans la presse traditionnelle.

Il ne faut pas hésiter à porter plainte chez votre opérateur, ni à exiger le remboursement des sommes perçues : dans la plupart des cas, le contrat d’abonnement a été effectué sans l’accord écrit des parents, ce qui est illégal.

Article paru dans Le Ligueur en 2007.