En 1966, les studios Disney terminaient l’un des dessins animés les plus brillants de leur histoire. Avec une équipe d’animateurs et d’artistes rodés depuis des années, Walt Disney produisait l’une de ses œuvres les plus enjouées, les plus équilibrées : Le Livre de la Jungle.

Souvenez-vous de cette séquence musicale inoubliable, la plus swingante de tous ses dessins animés, celle où l’on voit le roi des orangs-outans danser avec l’ours Baloo la chanson "je voudrais être comme vous", chantée par Louis Prima dans la version originale. Souvenez-vous du même Baloo chantant "Il en faut peu pour être heureux" avec un optimisme communicatif.

Ce que les membres des studios ignoraient en réalisant ce dessin animé jouissif, c’est que ce serait le dernier supervisé par Walt Disney. Atteint d’un cancer du poumon, il s’éteignit avant la diffusion de ce qui resterait l’un des ses meilleurs films.

Cette édition DVD "Platinum", qui nous offre la version originale (à écouter même si vous ne comprenez pas l’anglais, pour les séquences chantées par les artistes originaux) en plus des versions françaises, est complétée de bonus inestimables, truffés de documents d’anthologie.

Le "making-of" rend hommage à tous ces artistes de l’ombre qui ont participé à la réalisation du film, et qui ont parfois quitté en cours de route, comme le scénariste Bill Peet, dont la version trop sombre de l’adaptation fut refusée par Disney .

On y découvre son story-board complet, de même qu’une séquence supprimée, mettant en scène un rhinocéros, et diverses chansons qui ont subi le même sort (dont une pastichant... les Beatles !). Plus divers documentaires sur la personnalité des personnages, l’animation, etc. Rarement, un DVD aura réuni autant de documents rares sur la conception du film.

Si Walt Disney fut avant tout un homme d’affaires bien inspiré, il avait pu s’entourer de créateurs de génie. Maintenus dans l’ombre durant des décennies, leur talent est enfin mis en valeur dans de passionnants reportages complétés de petits jeux pour les enfants, et d’un mini-documentaire sur la jungle.

D’où l’on retient cette phrase d’un Baloo qui donnerait des leçons à bien des philosophes prétentieux : "Qu’est-ce que c’est bon de vivre !".