Que votre ordinateur soit en train de rendre l’âme, qu’il ne " tourne " plus qu’à la vitesse d’un limaçon rachitique, ou que vous ayez soudain décidé de vous initier - enfin ! - à l’informatique, voici venu le difficile moment de l’achat.

L’informatique, pour la majorité des gens, c’est un peu comme la voiture. Il y a ceux qui connaissent tout, des termes ("joints de culasse", "injection", "pistons") au fonctionnement, et qui sont capables, en plongeant dix minutes sous le capot, de faire tourner le moteur que vous croyiez condamné au cimetière. Et il y a les autres, incapables de choisir devant la multitude de marques et de modèles, et qui se sentent tout bêtes devant l’assurance du moindre vendeur et les mots étranges ("joints de culasse", "injection", "pistons") qu’il utilise.

A moins d’avoir déjà pas mal bourlingué d’un ordinateur à l’autre, comment ne pas se sentir démuni au moment d’affronter un spécialiste informatique chargé de vous conseiller un achat, qui vous parlera "ROM", "RAM", ou pire encore, "SDRAM", "CD-RW" et "Firewire" ? Assimil, viens à mon secours !

Un seul conseil : ne vous précipitez pas !
L’investissement est pourtant important, et chacun espère pouvoir garder longtemps son ordinateur. Il est donc nécessaire de s’informer et de se poser les bonnes questions avant l’achat.

Les ordinateurs, en apparence seulement, se ressemblent : un écran, un clavier, une souris, et une grosse boîte, l’unité centrale. Celle-ci forme parfois un tout avec l’écran, comme dans les transparents et colorés I-Mac, ou avec le clavier, comme dans les portables.

A l’intérieur de l’unité centrale, se trouvent les éléments qui constituent le moteur de votre ordinateur et qui vont lui permettre de travailler. Les possibilités de combinaisons entre eux sont innombrables. On y trouve des cartes truffées de circuits et de puces électroniques (la carte-mère, différentes formes de mémoire), un ou plusieurs disques durs, un lecteur de CD-ROM ou de DVD, un modem, des cartes sons, audio et vidéo, etc. Du choix de chacun des éléments dépendront les performances de l’ensemble.

1°) Configuration : légère ou musclée ? [1]
Les grandes marques ont standardisé les configurations en fonction d’utilisateurs-types. Avantage : le choix étant plus limité, il est plus aisé de trouver celle qui convient à ses propres besoins. Les configurations les plus légères suffisent à un public familial, qui se contente d’applications bureautiques traditionnelles, comme le traitement de textes ou les tableurs, ou encore les logiciels ludo-éducatifs ; d’autres, plus musclées, s’adressent aux amateurs de jeux vidéo purs et durs ; d’autres, plus puissantes encore, à ceux qui souhaitent monter leurs films.

" Les gens ont tendance à surestimer les configurations nécessaires ", nous explique le vendeur d’un grand centre électronique de Charleroi. " On leur répète tellement qu’il faut des ordinateurs très puissants, armés des meilleures cartes graphiques, qu’ils achètent des bêtes de course alors qu’ils vont la majorité du temps utiliser leur machine pour du traitement de texte, des logiciels pour les enfants et surfer sur Internet. "

La première chose à faire est donc de bien cerner ses besoins. A quoi va servir l’ordinateur ? Pour des CD-ROMs éducatifs, une machine bas de gamme - et le bas de gamme d’aujourd’hui correspond aux bêtes de course d’il y a deux ans - suffira amplement.

Pour des jeux vidéo, on devra choisir un modèle nettement plus performant. Mais on peut se demander s’il n’y a pas une absurdité à acheter, pour jouer, un ordinateur de 100.000 FB, alors qu’une console de jeux de moins du dixième du prix est nettement plus adaptée et plus performante, car conçue à 100% pour cela.

2°) PC ou Macintosh ?
Répondre à cette question il y a quelques années était évident. Le Macintosh était plus intuitif, plus stable, immédiat à installer alors que la moindre installation d’un programme sur un PC était affaire de spécialiste. Tandis que le PC avait, pour lui, le prix et la variété de logiciels. Windows 98 a comblé le gouffre qui séparait les PC des Mac, et l’utilisation d’un PC est désormais à la portée de (presque) tous. C’est au niveau de la gestion des problèmes que se situe la différence pour le novice.

" Les ordinateurs installés dans les écoles sont un bon test pour cela ", poursuit le vendeur. " La bonne idée a été d’équiper les écoles primaires de Macintosh, beaucoup plus stables que les PC. On y constate moins de problèmes de " plantages " que dans le secondaire. Si les Macintosh sont une denrée rare dans les magasins, c’est principalement parce que les conditions d’Apple sont trop dures pour les revendeurs".

Le Macintosh a encore une longueur d’avance pour la simplicité et la convivialité, l’installation des programmes et la gestion des problèmes, mais le PC le rattrape aisément pour la quantité et la diversité des logiciels. Mais le monopole de Microsoft sur ces machines a fait beaucoup de mécontents et opter pour un PC, c’est également accepter une certaine part de risques, car la grande majorité des virus - et il s’en crée de nouveaux chaque semaine - ne s’attaquent qu’aux produits de cette firme (Windows, Internet Explorer, Outlook Express).

3°) Marque blanche ou marque officielle ?
La plupart des magasins vous proposeront des ordinateurs de marque. Compaq et Packard Bell dominent le marché familial - ils fusionneront en 2002, diminuant encore plus les possibilités de choix pour le consommateur - mais d’autres marques, comme Toshiba, Dell ou Siemens, et bien sûr Apple, constituent également des alternatives fiables.

" Nous ne vendons que des ordinateurs de marque pour des raisons de facilité de service après-vente ", continue le vendeur. " Le nombre de pannes réelles sur des ordinateurs est très limité, et en cas de problème, il nous suffit de les renvoyer chez le fabricant qui a son propre circuit de prestataires pour les réparer. Cependant, les possibilités d’évolution de ces ordinateurs sont très limitées. Ils sont tellement optimisés que toute modification risque d’en diminuer les performances. On peut obtenir, pour le même prix, des performances nettement supérieures chez un assembleur. Mais il faut s’y connaître ! Et l’on reste dépendant du magasin qui a assemblé sa machine. Qu’il vienne à fermer, et l’utilisateur se retrouve seul"

Un " assembleur ", c’est un spécialiste du sur-mesure. Il achète toutes les pièces séparément et les assemble pour constituer une configuration en marque blanche, adaptée point par point aux besoins et au budget du client. Le moindre élément de l’ordinateur est laissé au choix de ce dernier.

A quelques centaines de mètres du centre électronique ci-dessus, on trouve une société spécialisée dans l’assemblage. Son site Internet permet de calculer point par point le prix de l’ordinateur de ses rêves… à condition d’avoir les compétences nécessaires pour jongler entre les modèles.

Prendrez-vous comme entrée une carte-mère MB Asus CUCLZ© 1815 DMA100 ? En plat principal notre processeur Intel 1ghz 133 256K FC vous semble-t-il appétissant ? " Notre système à la carte connaît un grand succès ", nous explique un responsable. " Mais il sera bientôt complété par une offre de modèles standardisés. En effet, bien que permettant au client de choisir, pièce par pièce sa configuration idéale, c’est une solution qui ne peut être appréciée que par les utilisateurs au courant d’un minimum de technologie...".

C’est vrai qu’on se sent vite perdu dans la quantité d’options disponibles sur le site Internet. On a la même impression sur le site d’Exell, qui propose, en trois étapes, de nous aider à choisir un PC sur mesure. Impossible pour les non-spécialistes ! Exell l’a bien compris, qui propose déjà des PC en marque blanche dont la configuration a été standardisée. Le premier modèle est à 20.130 FB !

Attention ! C’est un prix-piège, car c’est celui d’un ordinateur tout nu, inutilisable tel quel : vous devrez y ajouter Windows (5.999 FB), l’écran (12.000 FB), le clavier, la souris, et bien sûr tous les logiciels. On s’approche vite du prix des ordinateurs de marque, dont le prix intègre tous les éléments. La modularité en moins.

4°) De bureau ou portable ?
La chute des prix des ordinateurs portables les met désormais à la portée d’un budget familial. Légers, compacts, ils peuvent vous suivre partout et, même si leurs performances sont inférieures à celles d’un modèle de bureau, ils sont suffisamment puissants pour les applications standards. Les écrans sont, par contre, moins lisibles et plus petits.

" Ce sont d’excellents ordinateurs ", explique le vendeur du centre électronique, " mais le budget à prévoir, à performances comparables, est nettement plus élevé". Ils connaissent, pour le moment, un " boum " important. Packard Bell annnonce que, si les ordinateurs familiaux traditionnels traversent actuellement une crise grave (- 42% au deuxième trimestre 2001), la vente des portables, elle, est en hausse (+ 9%).

5°) En magasin ou par correspondance ?
En Belgique, on aime bien avoir quelqu’un en face de soi lorsqu’on achète quelque chose. Si, dans d’autres pays, il est devenu commun d’acheter son ordinateur par correspondance [2], ce n’est pas encore courant dans le nôtre. Dell, le spécialiste de la vente directe, est pourtant le seul fabricant à bien se porter malgré la crise qui frappe le monde informatique. Preuve qu’il a réussi à installer un climat de confiance chez les consommateurs, séduits par la livraison rapide et un service après-vente bien rodé.

Comme le montre l’exemple d’Exell, les boutiques traditionnelles commencent à se lancer dans la vente online. C’est, par exemple, le cas de Photo-Hal et, pour le Macintosh, de Cami. Mais on trouve déjà une boutique 100% online, comme Macline.

Une fois décidées ces grandes options, il ne reste plus qu’à choisir son vendeur. Le critère du prix n’est pas le plus important. Quitte à payer plus cher, mieux vaut prendre celui qui sera disponible pour vous aider en cas de problème, au minimum via une assistance téléphonique gratuite, au mieux avec une garantie de réparation " sur site " (à domicile). Car les économies réalisées à l’achat risquent d’être compensées par des prix excessifs de dépannage.
Dans tous les cas, ne vous précipitez pas. Si vous ne vous décidez que dans deux mois, le modèle que vous aurez choisi aura entretemps baissé de prix.

Prenez donc votre temps !

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.


[1La " configuration standard " : une notion élastique
" Définir une machine " familiale " est assez difficile... car les besoins et le budget, d’une famille à une autre, sont parfois très différents " ! Dans les deux magasins, on éprouve la même difficulté à répondre à la question. D’autant plus que l’évolution de l’informatique est telle que la réponse sera totalement différente dans six mois. " Je dirais que la machine ’classique’ actuelle est un processeur de 1.2 Go (1), 128Mb de RAM , un disque dur de 30 Go, un écran 17 pouces, cartes son, clavier multimédia, souris optique, lecteur DVD, graveur... Une configuration de ce type tourne, suivant les marques des éléments utilisés entre 30 et 45 mille francs. "
Un budget de 50.000 FB permet déjà d’obtenir un ordinateur performant, qui ne risque pas d’être trop vite dépassé par l’évolution boulimique des logiciels - seule cause réelle du phénomène d’ " obsolescence " rapide du parc informatique. A quoi il faut ajouter les périphériques dont le choix dépend de chacun, tels que graveur de CD (pour stocker ses données, ses photos numériques, ses musiques MP3 ou sauvegarder ses dossiers, sans congestionner son disque dur), scanner, modem ADSL ou modem câble, support de stockage externe (ZIP), etc.

[2Sur Internet, vous n’êtes plus seul
Divers sites peuvent vous offrir des conseils, comme
choixpc.com, totalement dédié au choix des éléments d’un ordinateur, ou dooyoo.fr et ciao.fr, où les consommateurs partagent leurs expériences heureuses ou malheureuses sur la hi-fi, l’informatique, les livres, etc.