Il est tordant dès qu’il le veut ; il le sait, ce qui le dispense d’en rajouter.

Il faut voir Jean Rochefort dire le texte de Framboise ! de Boby Lapointe, enjoué et coquin, juvénile avec sa mèche retombant sur son grand front de 77 ans.
Il faut le voir chanter Félicie aussi, les yeux pleins de malice et le corps ondulant, entraînant sans forcer le public avec lui.

Il faut l’écouter lire Primo Levi, ému et recueilli, refusant tout enchaînement musical vers le texte suivant. L’écouter ressusciter la voix nasale de Michel Audiard, le temps d’un coup de fil professionnel plus que savoureux.
Se laisser gagner par son regard d’enfant quand il évoque une rencontre avec Jacques Prévert, l’admiration encore intacte un demi-siècle plus tard.

Certes, il concède, parce que cela l’amuse apparemment beaucoup, de mémorables imitations du caméléon, du singe ou du coït du lion. Il est tordant dès qu’il le veut ; il le sait, ce qui le dispense d’en rajouter.

De Philippe Noiret à Michel Serrault en passant par Fernand Raynaud, le comédien convoque une armée de talentueux disparus, en se gardant de manifester une quelconque nostalgie. Il fait d’Entre autres une harmonie de teintes douces, assourdies par la tendresse des souvenirs, que sa visible sincérité et son élégance mettent merveilleusement en lumière.

De sa voix reconnaissable entre toutes, il dira ses textes qui l’ont façonné, nous faisant partager sa passion des mots, des histoires, décrivant l’homme sous toutes ses coutures, lucide et amusé. Ici et là un poème, Verlaine sans doute, une chanson, un mime même. En prime, une foule d’anecdotes. Rochefort conteur, on en salive d’avance.

Marion Thébaud, Le Figaro

- 20.01.2009
- 20:30
- Etudiants 15 € / pensionnés 28 € / adultes 30 €
- Centre culturel - Théâtre
- Avenue des Combattants, 41 à Ottignies

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