La météo dolomitique est précise comme un coucou autrichien : à 16 heures tapantes, pratiquement tous les jours, les premières gouttes tombent. Annonciatrices d’orages spectaculaires. D’où l’obligation d’être revenu à la voiture avant l’heure fatidique. Et donc, de se lever dès potron minet pour être très vite au pied de la voie. Les Dolomites appartiennent à ceux qui savent se lever tôt.

La veille, on s’est tous réunis. Sur la grande table, on a étalé la carte, et ouvert les guides. Multilinguisme obligatoire : les topos sont en français [1], mais aussi en italien et en allemand. On a comparé les voies, chacun a exprimé ce qu’il avait envie de faire, et on s’est regroupés en petits groupes. Chacun sait où il doit démarrer le lendemain. Où commencer la rando qui l’amènera au pied de la voie, ou prendre le télésiège qui lui permettra d’éviter quelques centaines de mètres de dénivelé.

Car la via ferrata, c’est bien... mais les marches d’approche, ouille ! Le premier jour, c’est l’horreur. Il y a l’acclimatation à l’altitude, et ces articulations qu’il faut remettre en marche. Alors, on fait cool. Le moins de marche d’approche possible, et une difficulté mineure. Après, lorsqu’on sera habitué, on augmentera vite, très vite, la demande de difficulté.

Pour quelqu’un qui pratique l’escalade plus ou moins régulièrement, la via ferrata, ce n’est pas très difficile. Mais il y a toujours cette marche d’approche, et cette marche de retour, qu’il faut surveiller de près. Une à deux heures, parfois, avec plusieurs centaines de mètres de denivelé épuisant. Alors, on profite des télésièges et des télécabines souvent très rustiques, qui provoquent parfois des poussées d’adrénaline d’un autre type, vu leur vétusté, mais qui permettent de soulager les mollets et les genoux.