Dans un coin tranquille de la Suède, c’est la fin des cours. Trois adolescents en voie de décrochage scolaire, Keith, Anders et Ismaël, trois amis, s’ennuient. Ils parlent de leur amour pour la race et la nature suédoise. Ils évoquent les matches de foot et leurs cortèges d’alcools et de rixes, les dangers que font peser les "métèques" sur la pureté de leur race. Ils disent aussi leur fascination pour la violence.

Sur ces entrefaites passe un garçon nommé Karl. C’est un enfant d’origine coréenne, adopté par une famille des environs. La famille est fortunée et l’"étranger" réussit à l’école. En outre, et c’est peut-être le nœud gordien de la pièce, il croit à la vertu du dialogue...
Mais la rencontre tourne mal et malgré les discussions et ses multiples tentatives de pacification, Karl sera mis à mort.

Cette pièce est basée sur un fait-divers tragique : le dernier jour de l’année scolaire 2002, deux jeunes lycéens qui font du camping au bord d’un lac se font importuner par des skinheads. L’un des deux jeunes, issus des milieux aisés, sera massacré dans la bagarre à coups de bûche. L’intention de l’auteur est de faire partager au spectateur toute l’horreur d’un jeu tragique, stupide et indécis, un jeu de chat et de souris qui débouche sur l’irrémédiable.

À travers Froid de Lars Norén, Jean-François Noville souhaite dresser un portrait intime de ces jeunes anonymes, sans projet, issus de milieux modestes ou ballottés par une vie familiale compliquée, rejetés par le système scolaire, sans conscience et sans illusions, tournant leur rage et leur frustration vers la première victime venue, se transformant alors en assassins dès que l’occasion se présente, au hasard des circonstances. Il veut donner à voir les parcours humains de ces trois jeunes désœuvrés et dans le même temps donner à comprendre au spectateur les mécanismes intimes et collectifs qui déclenchent leur passage à l’acte.
Il s’agira également de donner un sens au sacrifice de la victime. Car le jeune supplicié, Karl, nous offre aussi un modèle lumineux face à la brutalité arbitraire de ses bourreaux : il répond et argumente avec courage et lucidité, confiant dans la vie et dans le dialogue. Comme le garant au milieu de l’enfer d’une humanité possible.

Mise en scène de Jean-François Noville

Avec Ghyslain Del Pino, Gaël Maleux, Hervé Piron, Vincent Vanderbeeken

Du 10 au 25 février - Théâtre national
Bd Emile Jacqmain, 111-115
1000 Bruxelles

Infos et réservations : +32/2/203.53.03 - www.theatrenational.be
- Salle Jacques Huisman
- Spectacle à 20h30
- Mercredi à 19h30
- Dimanche 19 février à 15h

En tournée
- Athénée Jean d’Avesnes - Mons : le 13 février
- Maison de la Culture de Tournai : les 19, 20, 21 et 24 avril
- Centre Culturel de Gembloux : le 8 mai
- Egalement pendant le week-end Zone Franche les 14, 15 et 16 avril au Théâtre national

N.B. Ceci est un communiqué de l'organisateur. Le présent site ne peut donc tenu pour responsable de son contenu.