Dans la légende des Atrides, on ne compte plus les meurtres de frères, de sœurs, de fils, de filles, d’épouses et d’époux, les assassinats de proches et de très proches. Oui, dans cette légende-là, le sang coule par amour, traîtrise, pour le pouvoir, pour d’autres folies encore.

On se croirait dans les guerres fratricides d’aujourd’hui, celles du Rwanda, de la Yougoslavie pour n’en citer que deux parmi les plus sauvages. En effet, combien d’Electre, actuellement, dans le monde, pleurent l’assassinat d’un père affectionné, d’un frère exilé ? Des milliers sûrement. Combien d’Oreste sont possédés par la rage de tirer vengeance pour une lignée familiale souillée ? Tout autant, très probablement.

C’est - entre autres - à cause de cette résonance entre la tragédie grecque et le monde contemporain qu’Isabelle Pousseur a décidé de monter ce sublime drame antique de Sophocle, où Electre est tout entière à la démesure de sa haine et de son deuil impossible. Elle n’a de cesse de réclamer la mort des meurtriers d’Agamemnon, son père, roi de Mycènes, assassiné par sa propre femme Clytemnestre, et son amant Egisthe.

Electre se consume de vivre au jour le jour avec sa pire ennemie et le monstre sanglant qui l’a épousée, qui s’assied sur le trône de son père et se couche dans son lit. D’attendre, heure par heure, le retour de son frère Oreste, qu’elle a confié, après la mort d’Agamemnon, à un précepteur pour qu’il le protège et l’élève jusque dans la fleur de l’âge. Jusqu’à l’âge où il pourrait enfin venger le roi et le père massacrés.

La pièce commence lorsque sa mission lui est rappelée et qu’il va partir pour l’exécuter. Un subterfuge va être inventé, une mise en scène imaginée, un suspens entretenu : la vie est un théâtre. Un théâtre où tout est action, situation, conflit, rebondissement, mensonge et dévoilement. Parfois, dans la tragédie, le chœur intervient, et là, une pause se fait. Comme on peut s’en douter, comme on la connaît avec son amour de la liberté formelle, Isabelle Pousseur ne va pas reconstituer un chœur à l’ancienne mais l’imaginer dans une forme contemporaine, tout en traitant son enracinement dans la tradition chantée et dansée. Un très beau pari théâtral.

Durée du spectacle : +/- 2h15

Au Théâtre Nationale de Belgique, du 26 septembre au 11 octobre 2006 - Grande Salle.

Au Théâtre de la Place (Liège) : du 24 novembre au 2 décembre ‘06

LE THEATRE NATIONAL
Bd Emile Jacqmain, 111-115 - B-1000 Bruxelles
Infos et Réservations : +32/2/203.53.03
www.theatrenational.be

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