« Je ne sais pas pourquoi chez nous, en Algérie, aucune mayonnaise ne prend. Rien ne marche, rien ne tient, rien ne dure. Tout colle ! Dans le monde entier - et c’est devenu proverbial - quand un peuple colle, quand il arrive au fond, il remonte. Nous quand on arrive au fond, on creuse ! »
Et ça n’est pas d’aujourd’hui, ni d’hier, ni même d’encore avant. Fellag, le Coluche, le Desproges algérien le dit : ça a toujours été comme ça.

Et il le prouve dans Djurdjurassique Bled, où il remonte jusqu’à la nuit des temps, jusqu’au big - bang original et récrit l’histoire du monde et de l’Algérie à sa façon, tendre et corrosive à la fois. Il met du rire sur les plaies à vif de son pays.

C’est sa façon à lui de combattre les maux qui le rongent : la pénurie, la censure, les tabous, l’intolérance, le machisme, la haine de l’amour, le fatalisme. Avec lui la folie et la bonne humeur ne sont jamais loin. Et l’instruction ! On en apprend des choses de l’érudition : que les Berbères étaient là bien avant les dinosaures, avant même Adam et Eve, que le chant des sirènes qui attirèrent Ulysse eh bien !, ne cherchez pas, c’étaient les youyous des femmes berbères !

Pour jouer ce monologue décapant, le metteur en scène David Strosberg a tout de suite pensé à Mohamed Ouachen, un acteur de la même verve, de la même générosité que le comique algérien, un ket de Bruxelles d’origine marocaine né à Charleroi qui se fait aussi appeler KK8 (entendez Cacahouète).

Comédien (il collabore avec Dito’Dito - Stoemp, La Ville en soie...), cinéaste, animateur, chroniqueur ou encore maître de cérémonie et compositeur, il s’empare de ce monologue et en fait entendre tout le délire langagier, un délire où le verbe français se conjugue en arabe, où les mots jouent entre eux et entre les langues... Ce style unique, Mohamed Ouachen le rend plus singulier encore. Comme si le texte avait été écrit expressément pour lui...

« Ce qui est piquant et perfide, c’est que l’auteur travaille avec tous les clichés, que nous avons nous-mêmes sur les pays arabes. Il brise ainsi toute une série de tabous. Il le fait avec un humour surprenant qui lui permet de nous envoyer d’agréables piques. L’acteur Mohamed Ouachen est un pur amuseur. Il a tant d’énergie, est un maître conteur. Il est spirituel et amusant, tout simplement sublime. » VRT - Pol Arias

Durée du spectacle : +/- 1h

Mise en scène : David Strosberg

Interprétation : Mohamed Ouachen
Du 7 au 25 novembre - Théâtre National de Belgique
Infos : www.theatrenational.be ou 02 203 53 03

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