Ils sont douze sur scène. Douze hommes avec seulement leur corps et leur voix pour faire voir et entendre le mémorial polyphonique qu’est Cris, l’humain, très humain roman de Laurent Gaudé, (l’auteur du Soleil de Scorta, prix Goncourt 2004). Douze comédiens pour douze soldats emportés dans la tourmente de la guerre 14-18, la première que l’on ait dit mondiale, mais qui pourrait être celle que l’on dit du Golfe.

Douze soldats qui se nomment Marius, Boris, Ripoll..., qui auraient pu être nos frères, nos pères, nos époux et qui vont vivre la noble équipée de la fraternité et l’horrible absurdité de la guerre, chacun à sa manière.

Comme dans Tandis que j’agonise de William Faulkner, ils seront tour à tour les narrateurs de cette histoire de guerre de tranchées, de boulets de canon qui pleuvent, de coups de fusils qui tuent, de baïonnettes qui s’enfoncent dans les chairs. De corps qui tremblent de peur, qui finissent par être morts.

Au-delà de la fable guerrière, Stanislas Nordey, un des metteurs en scène les plus innovateurs, les plus aventuriers du théâtre et de l’opéra français d’aujourd’hui, s’intéresse à « l’objet littéraire » qu’est Cris. Car si Cris est un roman, il est un roman tellement singulier, un roman écrit à haute voix, un credo d’écriture qui condense toutes les idées de roman et de théâtre de Laurent Gaudé.

Pour que sa langue, si belle, si puissante libère toute sa poésie, Stanislas Nordey a décidé de porter le texte à la scène tel quel, dans son intégralité, sans l’adapter comme il est courant de le faire au théâtre ou au cinéma, de le porter à la scène avec un chœur de comédiens qui sont autant personnages que conteurs.

Par ce spectacle sur l’humanité et la fragilité de l’être humain, le metteur en scène confirme sa prédilection particulière pour les auteurs contemporains, car même s’il n’a jamais négligé les classiques (Feydeau, Marivaux), il s’est avant tout illustré en montant les textes des grands auteurs du vingtième siècle (Heiner Müller, Jean Genet, Jean-Luc Lagarce, Hervé Guibert...).

Cette fois, c’est à un texte du vingt et unième siècle qu’il s’attache, un texte sur un moment de l’histoire qui marque la fin d’une époque et la naissance du monde moderne, qui est encore le nôtre.

LE THEATRE NATIONAL
Bd Emile Jacqmain, 111-115 - B-1000 Bruxelles
Infos et Réservations : +32/2/203.53.03 ou
www.theatrenational.be

Du 28 février au 4 mars 2006 - Grande salle
Spectacle à 20h15 - Mercredi à 19h30

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