Boris Godounov, le beau-frère du tsar Féodor, est officieusement accusé d’avoir commandité, en 1591, l’assassinat du tsarévitch Dimitri, à peine âgé de sept ans, légitime héritier de la couronne. Après la mort du pieux tsar Féodor, en 1598, le peuple russe supplie Boris Godounov de monter sur le trône. Il refuse, avant d’accepter.

Inscrit dans la lignée des grands réprouvés comme Hamlet, Richard III, de ceux qui ont osé forcer la barrière du sang, il est hanté jusqu’à l’égarement par l’infanticide au prix duquel il est monté sur le trône. En 1603, un vieux moine révèle au jeune Grégoire que le tsarévitch assassiné aurait aujourd’hui son âge. Grégoire fomente alors le projet de se faire passer pour lui, et d’accéder au trône. Il s’enfuit du monastère et parvient à constituer une armée qui combat les troupes de Boris Godounov. La guerre s’engage entre les deux imposteurs...

Pouchkine a situé l’action de cette tragédie d’un romantisme lucide à la fin du seizième siècle et au début du dix-septième, mais il aurait pu décider que la fable se déroule - presque pareillement - en son siècle, le dix-neuvième. D’ailleurs, il avait initialement titré la pièce Comédie du malheur présent de l’Etat de Moscovie. C’est pourquoi le très iconoclaste et très shakespearien metteur en scène de naissance irlandaise Declan Donnellan, ne trahit pas cette œuvre quand il habille ses acteurs en habit d’aujourd’hui (tenues de camouflage pour les soldats, costume-cravate de politicien pour les faux tsars), qu’il fait de Boris un mafieux moscovite et que la propagande de Dimitri se fait à la télévision, surtout qu’on n’ignore pas que dans certains pays de l’ex-URSS, le pouvoir et le crime, le pouvoir au prix du crime, reste une question brûlante.

Pour monter cette pièce qu’il dit anti-sentimentale, cette pièce où Pouchkine demande de mesurer la distance entre les sentiments feints et les sentiments réels, Declan Donnellan a choisi des comédiens russes parmi les meilleurs de Moscou, de ceux qui réussissent à dire les choses les plus graves, à brasser les événements les plus sanglants comme s’ils n’étaient que de l’écume des jours.

Mise en scène de Declan Donnellan
(Europalia Russie)

Du 7 au 9 décembre 2005 - Grande Salle

Mercredi à 19h30 - Jeudi et vendredi à 20h15

Spectacle en russe, surtitrage français/néerlandais

LE THEATRE NATIONAL
Bd Emile Jacqmain, 111-115 - B-1000 Bruxelles -

Infos et Réservations : +32/2/203.53.03 ou
www.theatrenational.be

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