50. Ce fut là que le Seigneur parla à Moïse, et lui dit :
51. Ordonnez ceci aux enfants d’Israël, et dites-leur : Quand vous aurez passé le Jourdain, et que vous serez entrés dans le pays de Chanaan,
52. Exterminez tous les habitants de ce pays-là ; brisez les pierres érigées en l’honneur des fausses divinités ; rompez leurs statues, et renversez tous leurs hauts lieux (...)

55. Que si vous ne voulez pas tuer tous les habitants du pays, ceux qui en seront restés, vous deviendront comme des clous dans les yeux, et comme des lances aux côtés, et ils vous combattront dans le pays où vous habitez ;
56. Et je vous ferai à vous-mêmes tout le mal que j’avais résolu de leur faire.
La Bible

Des phrases de pareille violence, des phrases où Dieu, en personne, tue, extermine ou ordonne de le faire, la Bible en compte de nombreuses. Des phrases explicites qui sont le matériau même d’Anathème, la dernière création du Groupov, la première de cette importance depuis Rwanda 94, le spectacle sur le génocide rwandais qui a été une des plus riches aventures théâtrales de la dernière décennie.

D’ailleurs l’idée d’Anathème est née d’interrogations qui ont surgi de ce spectacle : Comment l’homme fabrique-t-il de la croyance ? Existe-t-il un lien entre monothéisme et génocide ? On pourrait croire que l’utilisation de la Bible pour structurer des Etats, entreprendre des croisades, des guerres, appartient au passé ou à d’autres religions que la chrétienne (l’Islam pour ne pas le nommer) mais ce serait oublier comment la Bible reste un référent permanent de la vie publique nord-américaine par exemple.

Pour nous faire entendre (entendre vraiment) l’intensité violente de ces textes, Jacques Delcuvellerie a imaginé un spectacle en deux parties : l’une devant un écran géant projetant des peintures grandioses mais de plus en plus inquiétantes d’Albert Bierstadt, un des peintres de la Hudson River School, un mouvement pictural romantique inspiré, notamment, par la Bible ; l’autre dans un décor d’une extrême nudité, d’une blancheur éclatante.

Dans chacune de ses parties, les textes bibliques seront en relation intime avec le corps des récitants, avec le silence et la musique composée par Jean-Pierre Urbano, designer du son et Garrett List, qui a été, bien sûr, le compositeur de la Cantate de Bisesero de Rwanda 94.

Ce spectacle, créé au Festival d’Avignon en juillet 2005, ne nous laissera plus regarder le monde comme avant. Il invite à questionner à nouveau ce paradoxe de toute notre civilisation : que les sources même de sa culture alimentent aussi celles de sa barbarie.

Mise en scène de Jacques Delcuvellerie

Production Le Groupov / le Théâtre National / Festival d’Avignon /
le KunstenFESTIVALdesArts/ le Théâtre de la Place /
Avec le soutien de Théâtre et Publics, du CGRI et de l’AWEX

Du 12 au 14 mai ’06 à 20h15 - Dimanche à 15h
Grande Salle
LE THEATRE NATIONAL
Bd Emile Jacqmain, 111-115 - B-1000 Bruxelles -
Infos et Réservations : +32/2/203.53.03 ou
www.theatrenational.be

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