Nobuyoshi Araki est sans conteste le plus grand photographe japonais vivant, mais certainement aussi le plus controversé. Son inépuisable énergie créatrice a guidé quarante ans d’une carrière prolifique que cette exposition retrace, s’articulant autour de vingt-et-un chapitres et pas moins de cinq mille photographies !

Par son univers et ses audaces, les photographies d’Araki s’inscrivent dans la riche tradition des estampes des XVIIIe et XIXe siècles qui ont abordé les aspects à la fois les plus quotidiens et les plus intimistes de l’humain. Comme « les images du monde flottant », ses photographies révèlent les multiples facettes de nos secrets, oscillant entre la vie et la mort, les plaisirs et les souffrances. Araki, provocateur défiant les tabous sociaux, mitrailleur de calembours sexuels, pornographe, est obsédé par la femme, le sexe audacieux ...

Pour la toute première fois en Belgique, l’œuvre de cet artiste internationalement reconnu, ce photographe compulsif et obsessionnel devenu aujourd’hui une véritable icône, sera présentée au grand public grâce à l’exceptionnelle rétrospective que présente le Musée de la Photographie, du 23 septembre 2006 au 14 janvier 2007.

Et pour la première fois, le Musée de la Photographie à Charleroi consacre l’ensemble de ses salles d’expositions temporaires à un seul artiste. Mais quel artiste ! Les photographies de l’infatigable et insatiable photographe japonais Araki occuperont en effet non seulement les chapelles, mais également la salle polyvalente, la galerie du cloître et l’étage du Musée.


Nobuyoshi Araki. From Shino, 1990. © Courtesy the artist

Araki naît en 1940 dans un quartier populaire de Tokyo. A douze ans, il reçoit de son père son premier appareil photo, un « Baby Pearl » avec lequel il fait ses premières prises de vues. Il est photographe publicitaire pendant dix ans pour l’agence Dentsu, puis décide d’orienter son travail, au début des années 1970, avec un regard beaucoup plus personnel, plus percutant. Il appartient à cette génération de photographes qui - alors que le Japon, enfin remis de l’impact de la Seconde Guerre mondiale, connaît une phase de transformation radicale marquée par une croissance économique rapide et par une forte urbanisation - commencent à explorer de nouvelles directions tant dans le style que dans les sujets, en-dehors des normes existantes de la photographie japonaise - l’art, le photojournalisme et la publicité.

En 1971, en épousant Yoko Aoki, il publie « A sentimental Journey », compilant des photographies prises pendant leur lune de miel. Dans la préface de son livre, il déclare que « son point de départ comme photographe a été l’amour... et l’idée d’une forme de fiction japonaise écrite autobiographiquement et à la première personne ». Araki établit ainsi un nouveau genre « I-photography » dans lequel sa propre vie et ses impressions deviennent le sujet de son travail. Ce concept aura un fort impact sur une jeune génération de photographes japonais, particulièrement dans les années 1990.

Fasciné par la trilogie indissociable et fondatrice du sexe, de la vie et de la mort, Araki photographie ses inspirations obsédantes : la femme sous toutes ses formes, dans toutes les positions ; les fleurs, captées au plus intime de leurs plis colorés, la nourriture. Mais on trouve également dans l’œuvre prolifique et foisonnante d’Araki des représentations de paysages urbains - Tokyo, sa ville - et des portraits.

Aujourd’hui, à 66 ans, il arbore encore et toujours le look d’une jeune pop-star provocante photographiant les jeunes modèles japonais. Des foules se réunissent lors des séances d’autographes qu’il accorde et au cours desquelles il développe, avec un professionnalisme euphorique, un génial culte de la personnalité.

Par-delà le côté scintillant de l’artiste, l’œuvre photographique d’Araki possède indéniablement une valeur artistique rarissime, reconnue mondialement... et, dans son genre, jamais égalée. Empreinte de gravité, elle est un chant désespéré à la vie, à la mort et à la beauté.

Araki, à la vie la mort
[Self, Life, Death]
est une exposition itinérante organisée par la Barbican Art Gallery.
Avec le commissariat d’Akiko Miki, Yoshiko Isshiki et Tomoko Sato.

Avertissement

Nous attirons l’ attention de nos visiteurs sur le fait que certaines images peuvent heurter la sensibilité du public, notamment des plus jeunes.

Musée de la Photographie à Charleroi
Centre d’art contemporain de la Communauté française Wallonie-Bruxelles

Du 23 septembre 2006 au 14 janvier 2007 (vernissage le 22 septembre à 19 heures)

En pratique : Le Musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h (fermé les lundis, 25.12 et 1.1). 11 Av. Paul Pastur B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne)
Tél. 32 (0)71 43.58.10 - Fax 32(0) 71 36.46.45 - www.museephoto.be.

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