Une petite disquette de DS, c’est à peine une dizaine de centimètres carré. Quelques grammes. Et pourtant, on y a stocké cent livres de la littérature classique, tirés de l’excellent catalogue de la collection "Folio" de Gallimard. Soit de quoi occuper la totalité de vos prochaines vacances si vous êtes un boulimique de lecture.

"100 livres classiques" sort en même temps que l’excellente console DS XL. Qui est donc transformée pour l’occasion en premier lecteur de livre électronique, une révolution en train de s’opérer dans le monde de l’édition marqué, après celui de la musique, par la dématérialisation du contenu. Un livre n’est plus seulement un objet matériel, c’est aussi un fichier que l’on peut lire sur un ordinateur ou dans un lecteur dédié. S’il est évident que, pour beaucoup de monde, tenir un livre dans ses mains, le contact avec le papier, le plaisir de tourner la page, ne pourront jamais être rendus par un écran, les nouvelles générations, habituées très tôt aux ordinateurs, pourront très bien penser autrement. Avec cette cartouche, on peut donc avoir un aperçu de ce qui nous attend.

D’Alain-Fournier à Zola

La collection "Folio" a donné à des générations de lecteurs le plaisir de la lecture grâce à ses livres de poche vendus à prix raisonnable. C’est dans ce prestigieux catalogue qu’est allé piocher Nintendo. Le double écran, positionné verticalement pour simuler les pages en vis-à-vis d’un livre, s’ouvre d’abord sur une bibliothèque de rêve. Côte à côte, des œuvres majeures de la littérature dite "classique", signées Balzac, Corneille, Daudet, Dumas, Flaubert, Hugo,... pour ne citer qu’eux.

Un clic sur le dos d’un livre, et s’ouvre un menu proposant de le lire, de découvrir une introduction ou une courte biographie de l’auteur. L’écran, plus large que celui d’un iPhone, affiche une douzaine de lignes, en caractères très lisibles. On "tourne" les pages en cliquant aux extrémités gauche ou droite. Très intuitif. Une barre de défilement permet d’avancer rapidement dans le livre afin d’atteindre plus rapidement une page intérieure. Un signet peut également être posé entre deux pages pour y revenir ensuite.

Pour un amateur de livre comme moi, j’étais prêt à crier au sacrilège. Et pourtant, il est indéniable que la lecture sur écran est moins désagréable qu’on pourrait le penser, et que cette version "light" des lecteurs comme l’iPad ou le Kindle (qu’il est prématuré d’acquérir, même si l’on est déjà convaincu par les attraits du livre électronique) permet d’expérimenter cette nouvelle forme de lecture. Et de se positionner dans les "pros" et les "contre" en sachant de quoi on parle.

Bon, ceci étant dit, je poursuis la lecture des "Fleurs du Mal" que j’avais commencée sur la DSXL avant de me replonger dans le bon vieux livre papier que je peux lire, lui, en prenant mon bain...