Pour fêter ses 175 ans, la Belgique organise une gigantesque exposition retraçant son histoire et la diversité de sa culture. Un grand absent : Tintin. Selon le quotidien « La Dernière Heure », Nick Rodwell, qui gère l’héritage d’Hergé, aurait été trop gourmand pour les moyens des organisateurs.

« Une fois de plus », pourrait-on dire. Car cela fait des années que le gestionnaire de Moulinsart, de choix malheureux en décision choquante, écorne l’image de Tintin aux yeux de ses millions d’admirateurs. C’est le journal « La Dernière Heure » qui dénonce cette nouvelle (triste) histoire qui empêchera Tintin d’être présent dans la plus ambitieuse exposition jamais organisée à propos du patrimoine de la Belgique. Patrimoine dont il est pourtant l’un des éléments essentiels.

Sous la signature de Nancy Ferroni, le quotidien explique que, parmi ces « 6000 m², 1,8 km de parcours sur 5 étages, 4000 objets rares et inédits », on ne trouve « pas une seule trace d’Hergé, le père de la BD belge, dans cette expo qui met en valeur tout le génie, le prodigieux talent des Belges ! » Et d’ajouter « Pas d’Hergé : c’est un peu comme si on oubliait Brel dans l’espace musique... ».

René Schyns, commissaire de l’expo, explique à la journaliste : « M. Rodwell, qui dirige la Fondation Hergé, a refusé sciemment que nous présentions par exemple la fusée de Tintin, alors que celle-ci a été achetée par le gouvernement pour l’expo universelle de Séville. Pour lui, il s’agit d’une adaptation de l’œuvre et il a les droits. Il a aussi posé ses conditions : mes décorateurs vont venir, vont fabriquer un décor que nous reprendrons après l’expo. Des sommes importantes étaient demandées pour en disposer. Nous avons refusé, c’était contraire à notre esprit. C’est dommage. »

« D’autant plus dommage », commente Nancy Ferroni, « que cette exposition est véritablement fabuleuse et devrait drainer la toute grande foule, sans doute plus de monde encore que pour J’avais 20 ans en 45 (750.000 visiteurs). »

Un triste épisode de plus dans l’histoire récente de Tintin, tombé entre les mains d’un gestionnaire aux pratiques très contestées, pour lequel les intérêts financiers semblent passer avant toute autre considération. Même au prix de la dégradation encore plus profonde de l’image du personnage le plus emblématique de la culture belge. Un comportement qu’Hergé, très attaché à celle-ci, justement, n’aurait jamais approuvé. Hasard des dates, cette information paraît au surlendemain de l’anniversaire de la disparition du dessinateur, le 3 mars 1983.